Mardi 1 décembre 2009
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Par Waylander
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Mercredi 25 novembre 2009
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Par Waylander
Dès le début, le ton est donné :
La scène d'introduction est l'ultime intro qu'il m'ait été donné de voir. Ecran noir, voix-off d'une TV qui expose d'entrée de jeu l'ambiance et la période dans
laquelle se trouve le film : une période difficile, envahit par le terrorisme, les enjeux politiques, les groupuscules, et la guerre. Puis l'on découvre une assemblée de gens dans un café, les yeux
levez au-dessus du comptoir. La voix-off parle maintenant d'un jeune homme, "bébé" Diego, âgé de 18 ans. Le plus jeune humain sur Terre mais il est mort. Les gens pleurent. Un homme entre, se
glisse entre les gens et commande son café noir. Lui s'en fout. Il ressort, prend sa flasque de whisky et s'en verse dans le café quand tout à coup...

.
..juste après l'explosion, titre du film sur fond
noir avec un son bien stressant genre sifflements d'oreilles.
Mémorable. Du génie. En 3 minutes on en a plusieurs éléments :
- le ton
- l'ambiance
- le personnage principal (on sait en peu de temps que c'est un désabusé, alcoolique et je m'en foutiste).
- la mise en scène (plans séquences à gogo tout le long de l'œuvre) et la photographie grisâtre et dépressive.
- Un aperçu du futur qui je trouve est très réaliste. On voit quelques innovations technologiques (discrètes et peu nombreuses) mais aussi un retour dans le passé évident.
Ensuite, on suit ce Clive Owen (excellent comme jamais : humour noir et pince sans rire, désillusionné, démotivé, limite blasé, fumeur, alcoolique) à travers une
Angleterre qui "résiste" (le monde étant parti en couille totalement mais ce n'est pas montré : seulement à travers une télé qui , sur un montage très cut, nous dévoile les villes du monde en feu,
en guerre etc...) mais qui est assaillit par les immigrants ( de toutes les origines possibles et imaginables) qui sont traités façon Holocauste (la comparaison va choquer peut-être mais je l'ai
ressentis comme ça, chambres à gaz et expérience mystiques en moins). On rencontre par la suite un autre personnage important : Jasper ou l'humaniste reclus dans les bois avec sa femme;
vivants tout deux dans une maison bien dissimulée et bien protégée (système d'alarme et caméra).
On sait peu de choses sur ces deux protagonistes mais je vous livre mon interprétation : Selon moi la femme est une ancienne écologiste (?)-humaniste qui représente la perte de volonté de vivre
dans un tel monde. Une Terre qui se meurt, une stérilité qui frappe la race humaine depuis 18 ans, des guerres, tout ça. Son mari lui continue à vivre mais on sent bien qu'il n'y croit pas malgré
son humour qui le rend attachant. Il possède des pilules qui donnent la mort sans souffrance. une échappatoire pour un univers complètement invivable et une situation dépressive et sans
issue. Owen dit bien "Ya longtemps que c'était mort, bien avant que la stérilité nous frappe"... Et plus tard Jasper qui dit "A quoi bon s'en faire si la Vie doit prendre ses propres décisions?".
Ou encore cette petite remarque " Le gouvernement met des anti-dépresseurs dans la nourriture et autorise les pilules suicides mais la Ganja reste interdite"...Paradoxe de nos sociétés qui interdit
la prostitution mais fait payer des impôts aux prostituées ; paradoxe de la vente d'armes aux USA mais cannabis interdit ou encore beaucoup de censure quand la peine de mort est presque dans tous
les États etc...etc....partout partout partout. Même en situation de crise on retrouve ce genre de conneries aberrantes.
On avance et on découvre l'ex petite amie de Clive. Julian Moore : Chef des "Poissons" , groupuscule sensé aidé les réfugiés et tenté l'insurrection. A l'époque ils
utilisaient les bombes mais elle annonce bien que depuis ils "communiquent" et ont cesser de terroriser via les explosifs. On apprend que les deux tourtereaux avaient eu un enfant mort
prématurément suite à une grippe devenue une pandémie. Le hasard de la rencontre grâce à la Foi des perosnnages activistes et révolutionnaires. La foi des deux donnent naissance à un enfant qui
meurt. Ainsi, la Foi disparait de l'homme qui était apparemment un battant. Aujourd'hui il ne parle plus politique "et je vis beaucoup aujourd'hui" ou comment induire que la politique est devenue
ou devient ou deviendra quelque chose d'inutile, de trompeur, de futile. Quelque chose qui ne fait que soulever des débats et fait s'entretuer des milliers de personnes. Pour bien monter la
psychologie du personnage, on le voit s'allumer une clope et son ex lui demande "tu fumes" et lui réponds "ouais mais ça change rien". Que veut-il dire? Que fumer ne le tue pas plus vite? Ne le
fait pas quitter ce monde en vitesse pour ne pas voir la fin très proche?
Le cousin de Theo (Owen), genre haut placé et
gardien d'objets d'arts, est surtout là pour faire un parallèle sur ceux qui malgré toute la merde de dehors sont bien chez eux, enfermés, à collectionner des choses qui ont marquées l'Histoire de
l'Art mais ne servent à rien. Ceux qui s'enferment dans une bulle (comme son fils obsédé par un jeu vidéo à la con avec des cubes) et qui se fondent avec justesse dans la dicton "heureux les
simples d'esprits" à la manière de Theo qui demande "Comment fais-tu? Toutes ces vieilleries dans à peine 100 ans personne ne les regardera" et le cousin "Il suffit juste de ne pas y
penser"....
S'ensuit des escapades, une fille réfugiée enceinte et "noire" le coup de force du film. Ça du en choqué des blancs, des racistes, des chrétiens etc... Et c'est tant mieux. OU comment dire par là
que nos sociétés occidentales, sources de tout le merdier environnant ne pourraient pas être le point de départ d'un renouveau ou d'un quelconque espoir.
Théo devient un gardien, un père, pour Kee. Un anti-héros à claquettes ou pied nus (non mais quelle idée franchement...ça tue !).
Le personnage prend à ce moment un autre dimension : celle d'un homme, un vrai, un battant, prêt à tout pour protéger le seul germe d'espoir. On perçoit donc l'espoir
qui se dégage de lui-même mais qui était enfouit du fait de ses désillusions, ses échecs, la mort de son fils, etc... (Putain je m'étales mais je suis passionné et à fond dedans Je pourrais pondre
20 pages sur cette œuvre
je me verrais bien faire un commentaire audio sur ce film ou
écrire un truc pendant que je le regardes tellement ça bouillonne ...) Bon bref.
Parlons du film lui-même.
La mise en scène est nerveuse grâce à des plans séquences de malades, jamais vus ou peu dans le monde du cinéma. Effets immersifs, façon reportage de guerre.
Totalement bluffants et hallucinants. Celui vers le final est exceptionnel et rien que pour ça bordel ça vaut 10 € la place de ciné.
La caméra à l'épaule, les scènes prenantes, qui scotchent au siège et font transpirer (la séquence de la voiture...non mais le truc de ouf quoi : que ce soit au niveau du cadrage, de
l'interprétation, des effets sonores : le coup de la moto qui se case la gueule c'est impressionnant) 8O 8O 8O IMPRESSIONNANT. Voir aussi la scène de l'accouchement...du jamais vu JAMAIS. J'étais
littéralement émue et scotché en la regardant.
La photographie : le gris, l'ambiance pluvieuse et complètement dépressive du film sur les décors crades et moites, le ciel sombre, ...l'association parfaite
entre la caméra, le scénario et les personnages.
Le choix des musiques est d'une intelligence sublime : ces voix lancinantes; genre de requiem pour l'humanité...C'est beau, c'est triste, c'est déprimant
mais on ressent l'espoir. Threnody for the victims of Hiroshimasur la dernier plan séquence c'est ultra ingénieux pour le coup . Faut le voir. C'est
intense.
Les acteurs : Tous parfaits. Le casting est très pointilleux et très juste.
Le scénario est ce que j'ai vu de mieux dans le délire post-apocalyptique "réaliste". Le réalisateur aurait dit : "par ce film, j'entends, non pas présenter une « vision pessimiste du futur mais
une version réaliste du présent ». Intelligent et terriblement vrai.
Je n'ai pas lu le roman mais j'ai méchamment envie.
Bon tout ce que j'ai écris ça tient surtout qu'à moi après c'est beaucoup d'interprétation et j'ai peur de lire le roman parce que ce sera forcément plus développé et ya des détails qui seront
éclaircis et qui ne seront pas ceux que je m'étais inventé.
En bref, ça reste un des meilleurs films que j'ai vu de ma vie à tous les niveaux. Top 10 cinéma.
10/10
ps: Deux affiches. Une qui est juste magnifique et l'autre très percutante et significative.
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